***Kids in India***

...

**Petit appel à dons**

 

Vishnou, Vénishia, Vishal, Kalpana, Catherin, Dilliya, Natchatra, Bavitra, Jegedish, Giri, Darani Daran, Aakash, Kk, Pavitran, George, Felixcia, Ratiga, Gabriel, Ruby, Susitra, Lakshmi, Sangheeta, Jencemarie, Jesypria, Monish, Tassim, Shiva, Arun, Jeannette, Jyanti, Esther, Kitana, Sandosh, Jenitha, Bavhani, Parvati... Ils sont près de deux cents entre 1 et 5 ans à attendre un parrain qui leur permettra d'avoir une scolarité décente.

Ce sont les enfants dont je m'occupe quotidiennement à la crèche et à la maternelle de l'association Volontariat.

On a souvent au fond de soi l'envie d'aider, de se sentir un peu utile sans savoir comment s'y prendre, sans savoir où va réellement aller l'argent.

Là, je sais, j'ai leurs visages sous les yeux, je leur donne la nourriture, je vois leurs uniformes, je connais leurs instituteurs du soir et croyez-moi, vous aimeriez voir le sourire des enfants parrainés !

Pour 17 euros par mois, vous pouvez les parrainer, leur assurant ainsi l'école, l'uniforme, le déjeuner, le goûter, les cours du soir, les vaccins et les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin. (et pour vous, trois paquets de cigarettes, un cd, un top H&M ou un apéro en moins...)

Vous avez juste à cliquer sur http://www.volontariat-inde.org/ section "parrainer une enfant".

Sinon, je suis toujours preneuse de colis avec des vêtements d'enfants, des jouets ou tout simplement des bonbons ou ce qui vous ferait plaisir d'envoyer aux enfants si vous ne souhaitez pas vous engager dans le durée.

(à envoyer à Amélie Arnaud

chez Malika Ramak

125 Pillayar Koil Street

Vaithikuppam

605012 Pondichéry

India)

Merci pour eux...

 


commentaires {2} - Ajouter un commentaire
Publié à 10:26, le 16/10/2009,
Mots clefs :

J 96 * WE à la FERME *

 

WE du 19/20 septembre.

J'ai du retard dans mon blog car tout raconter prend beaucoup de temps, il faut se poser, se remémorer l'ordre des évènements, essayer de retrouver les sensations, les goûts, les odeurs, les couleurs afin de vous les retranscrire au mieux... Et du temps pour moi, j'en ai peu. A part bien entendu pendant les vacances mais entre les trajets, les visites... j'étais trop fatiguée le soir pour écrire... Du coup, comme je l'ai dit, j'ai du retard et je n'aime pas trop reporter comme ça, j'ai peur de perdre la spontanéité des moments vécus.

Je vais rattraper le retard très bientôt avec un post sur la fin de mon périple et un autre sur la semaine qui l'a suivie.

Ce sera un peu dans le désordre parce que je vais vous raconter maintenant le WE riche en émotions que je viens de vivre. Des bonnes comme des mauvaises !

Et dès que Picasa daignera fonctionner, je chargerai enfin les 5000 photos qui vous attendent et que vous attendez sûrement.

On a passé le WE à la ferme de Touttipakam pour faire un stage de théâtre avec les enfants qui vivent et les gamins qui habitent au foyer de Souriya Home.

Les enfants de la ferme sont gérés par une structure qui se nomme Nilla Illam. Je vous en ai déjà parlé mais je vous explique de nouveau.

Pour Volontariat, le système de l'orphelinat a des défauts que Nilla Illam cherche à combler. Ici, 45 enfants (orphelins, gitans ou de famille très décomposées, à problèmes, très pauvres...) sont répartis dans 5 maisons gérées par 5 "mamans".

Ces femmes (veuves ou rejettées par leurs familles) élèvent donc des enfants et certaines ont aussi des enfants avec elles (qui font partie des 45).

Ils vont dans les écoles environnantes, mangent tous ensemble, et ont un semblant de famille. Ils sont au milieu de rizières, de bananeraies, de vaches, de poulets et cet environnement apaise énormément.

Lakshmi, la responsable passe plusieurs heures par jour ici. Suresh, le cuisinier multitâches vit sur place avec sa femme et leur adorable fillette de 1 mois.

Cho et Franck, un couple de français bénévole a passé 6 mois avec eux et les quitte avec tristesse à la fin de la semaine.

Et puis, il y a les dames de l'entretien, une cuisinière, les fermiers et les fermières. Bref, un petit monde en soi, un havre de paix tropical qui accueille, fait vivre ou revivre des enfants "blessés" de un à douze ans environ.

Je connais très bien cet endroit pour y venir le mercredi avec les maternelles de l'asso. Je rencontre enfin les habitants des lieux.

Samedi 9h.

Rendez-vous au Volontariat avec les ados de Souryia et Stéphane le chauffeur du mini-bus. Il met la musique encore plus fort que le mercredi. Je ne pensais pas que c'était possible. ça grésille! On est mal réveillés, ça aggresse les oreilles... Les garçons, ravis, dansent et chantent. On ne peut pas leur dire de s'asseoir alors que d'habitude la maitresse laisse 5O enfants de 5 ans sauter sur les banquettes... Ce serait pas sympa donc on décide d'en rire, et au fond, ça fait bien plaisir qu'ils s'amusent un peu!

Arrivée à la ferme, on pose les affaires, on prend nos marques, on fait connaissance avec tout le monde. On retrouve Ravi, ancien enfant parrainé maintenant marié à une française et qui donne des cours de yoga aux enfants depuis 4 ans. Il accepte de nous aider et de relaxer les enfants avec nous avant de les faire jouer.

La cuisinière était malade, ça tombe bien. On a réquisitionné deux fermières pour mitonner pour tout le monde du riz dans une énorme marmite, une sauce aux légumes et un ragoût de betteraves/petit pois aussi fort qu'étonnant.

La cuisine est dehors. Feu de bois mais eau courante et électricité.

Assise par terre, pieds nus, j'aide à éplucher des oignons sous la paillotte avec les rires des enfants comme bruit de fond.

11h30. Réunion avec les enfants, les mamans et Paul, un travailleur social qui traduit notre programme de la journée. On prendra les enfants par groupes de 10 environ avec une maman à chaque fois. Une heure pour chaque groupe. On commencera à 14h avec les ados de Souyia puis quasi non stop jusqu'à plus de 19h30.

Et là, Paul nous dit que les enfants n'ont rien à faire d'ici le déjeuner donc ce serait bien qu'on leur fasse faire une activité. Trop facile à brûle pourpoint d'en occuper 60 d'un coup (Nilla Illam et Souriya) et pas du tout du même âge !

On les emmène au dôme de méditation qui sert également d'aire de jeu un peu cadrée.

On leur fait former un grand cercle et Clément parvient à faire passer le temps avec un jeu inventé.

Puis Ravi leur fait un petit quizz.

13h. On déjeune tous ensemble, par terre, dans une assiette en inox, à la main. Hot. Spicy. Verrrry good.

14h. Sieste pour les petits et nous commençons l'après-midi de folie avec les garçons de Souriya que nous connaissons de mieux en mieux et avec qui nous avons déjà travaillé mercredi soir. Ravi commence par du yoga avant que Clément ne les fasse répéter la scène qu'il a écrite pour eux.

Pendant ce temps-là, j'improvise un coin maquillage/accessoires avec un tissu sur un banc.

15h. Le premier groupe se relaxe avec Ravi puis Clément choisit le rôle de chacun pour la petite scène qu'on a imaginée pour eux. En gros, ce sera la même pour les groupes des petits. Un groupe de lapins et son roi rencontre un groupe de singes et son roi en se promenant dans la forêt. Ils se toisent, essayent de s'impressionner, mais un clown passe dans le coin et entraîne tout le monde dans une dans qui éconcilie les deux clans. Vu de l'extérieur, cela semble peut-être étrange, mais on a fait avec les accessoires que l'on a trouvé, soit des masques de lapins, de singes, des nez rouges, des couronnes...

Cela fonctionne plutôt bien malgré la barrière de la langue. Les enfants sont ravis et adorent se faire maquiller! Moi qui sait à peine me mettre de la poudre sur le visage, j'enchaine des maquillages à toute allure en mettant plein de couleurs. ils sont fiers, se tiennent à leur rôle, dansent comme des fous, cela fait plaisir à voir.

Pour Clément qui mime et suit chaque groupe, c'est épuisant, surtout avec cette chaleur.

Pour moi, c'est parfois difficile de les canaliser, de les empêcher de toucher à tout, de se maquiller entre eux. Les mamans, parfois jeunes, ont des bouffées de dingueries et d'envie de se grimer aussi.

Tout le monde est très prenant mais on garde le sourire jusqu'au bout tellement on est contents de les voir aussi enjoués et de se rendre compte qu'ils en parlent entre eux. Les enfants des groupes numéro 2, 3... arrivent en sachant ce qu'ils vont faire et demandent d'office leur rôle. Ils sont trop drôles quand ils arrivent en disant "monkey, monkey" ou "rabbit, rabbit" en mimant l'animal qu'ils veulent être.

Et ils prennent leur rôle très au sérieux. Ils nous parleront jusqu'à notre départ du personnage qu'ils ont été! Ils posent, veulent tous être pris en photo, voir leur photo...

1h pour chaque groupe, ça passe très vite!

Le jour décline, on doit aller sous un préau pour avoir de la lumière pour le dernier groupe, ça résonne, ça nous achève!

Douche pour les enfants. Pendant ce temps, Cho aide des garçons à couvrir leurs livres. A côté d'eux, la petite Parvati, 4 ans, se repose en culotte sur une natte par terre. Elle a de la fièvre. Comme certains autres enfants qui ont fait des analyses. On craint la grippe dans la région. Il y a eu des morts... Ici, rien de grave mais fièvre. Je la vois sortir des cartes de jeu 'memory'. Elle ne parle pas, ne sourit pas. Je dispose les cartes. Elle connait ce jeu. On va faire une longue partie toutes les deux. Elle est très forte ! Un moment, elle se tourne vers moi et lève son doigt. J'essaye de comprendre mais à court de questions en anglais, je me tourne vers Cho. Elle voulait faire pipi, c'était sa façon de me le dire... Petite bonne femme ! On continue la partie. Bavani, la petite gitane (je reconnais tout de suite, à son visage, qu'elle vient de Lawspet) nous rejoint. On est bien sur cette natte sous le ventilo. On finit la partie au moment où la cloche retentit. C'est l'heure d'aller manger. La soeur de Parvati lui amène un bouillon.

?

Pour nous, prière, dîner tous ensemble, par terre, sous la paillotte au milieu de nulle part avec le bruit des grillons et des vaches. J'ai envie de rester toujours ici, avec eux. Pour Cho et Franck, je pense que ça va être dur de les quitter après 6 mois à la ferme. Moi, en un jour, je me suis attachée à ces enfants souriants, gentils et tendres pour qui la vie ne l'a pas été. On se sent vite chez soi ici. Les enfants nous font une place très vite. Notre implication dans cette journée doit jouer mais pas seulement. Je pense qu'ils se construisent un petit monde ici et que la porte est ouverte si on leur plait.

Les petites filles me font des câlins, des caresses, les garçons viennent se coller.

Au Volontariat, les enfants m'appellent Aka, ce qui signifie 'grande soeur'. Ici, ils m'ont directement appellée 'mummy', ça m'a fait un peu bizarre au début, mais ils disent ça à toutes les dames qui s'occupent d'eux alors...

Je mets un peu de temps à me retourner quand j'entends ça mais ça vient quand même assez vite. Drôle de sensation. Envie de les serrer fort. Fort.

Après le dîner, Suresh leur met de la musique tamoule et ils s'assoient en cercle sous un très grand arbre. Certains dansent au milieu. Les garçons puis les filles, puis tout le monde. On tape dans nos mains, on chante, je câline les petites qui viennent se mettre sur moi. Envie que ça dure, que ça dure, sous cet arbre, éclairés par le néon de la facade du bureau qui jouxte la cour. L'air est doux, les enfants sont beaux, drôles, heureux de danser (très bien!) devant nous...

21h. On les accompagne à leurs petites maisons par un chemin bordé de cocotiers. Nancy et Kavia me tiennent la main. Sonou aussi. En Inde, j'ai souvent au moins deux enfants par main. Des grands 'bonne nuit', des petites voix, des petites têtes... Allez, il faut se quitter. Cho et moi faisons le chemin dans le sens inverse.

Clément s'évanouit littéralement pendant que je fais des petites recherches sur le net pour mon périple dans le Nord de l'Inde début octobre.

On dort dans une petite chambre dans le bâtiment réservé aux bénévoles.

Tempête, pluie battante. ça rafraichit un peu.

Dimanche 7h. Mon réveil sonne. Cho et Franck sont déjà en train de préparer du pain perdu pour le petit déjeuner. Pour tout le monde ! Sur une plaque dehors. C'est du boulot. Je m'assoie à côté de Parvati qui n'a plus de fièvre mais ne bouge toujours pas. Elle grignote un croûton pendant que je coupe des morceaux de pain.

Les garçons de Souriya balaient la cour. J'emmène Parvati chercher les enfants qui prennent un cours de yoga. Il parait que certains sont très forts et vont bientôt participer à des concours à Madurai.

8h. La cloche sonne, je vais réveiller Clément. Petit déjeuner. Je me régale avec le pain perdu et du chai (thé lait épices). On joue un peu et les enfants vont se doucher pendant qu'on va au dôme avec les ados. Clément leur apprend une choré puis ils dansent un peu sur de la musique tamoule. J'ai maquillé tout les petits hier donc ce matin, c'est leur tour. On cherche des idées dans un petit livre spécial et avec les moyens du bord (gloss, fards à paupières...), je leur dessine des masques, des têtes de robots... ça les fait rire et moi aussi de voir qu'ils aiment autant se mettre du rouge à lèvres...

11h30. On a une terrible nouvelle, un des garçons de Souriya qui était chez sa famille s'est suicidé. Il vivait avec les garçons depuis 4 ans. Je le connaissais, il était beau, gentil, intelligent. Je suis bouleversée. Les garçons ne le sauront que cet après-midi. En plus, dans son village, le suicide est une honte alors ils ont déjà enteré le corps. Dur pour faire un deuil d'apprendre la mort après l'enterrement...

Cours de chant avec tout les enfants. Le prof est génial avec son gros ventre, son énorme moustache, son jean et son tshirt rose. Ils sont un peu trop nombreux pour que ce soit concentré, mais bon.. Les petits s'épouillent, Nancy et Bavani me font des calins, on tape dans nos mains.

13h. La cloche retentit. Déjeuner puis sieste. Madeleine arrive ensuite avec Alain le responsable de Souriya. Ils nous apprennent qu'une jeune fille parrainnée s'est aussi suicidée ce we pour des histoires de coeur.

On leur rend hommage sous le dôme de méditation. La photo d'Alexander fait le tour, on est entre 70 et 80 en tout, à la regarder, à penser à lui avec des bougies allumées. Paul sert de traducteur. Madeleine fait un discours, puis Alain. Puis deux garçons de Souriya, Muthu et Peter disent quelques mots sur leur ami. Je suis très très émue.

Madeleine a besoin du chauffeur de bus afin d'aller chez les parents de la jeune fille voir le corps. On doit donc prendre le mini bus tout de suite avec les ados.

Départ précipité après un we très agréable mais très intense puis très triste. On ne dit pas au revoir comme j'aurais aimé à tout ces enfants. Je suis frustrée. Je vais essayer de revenir passer un weekend avec eux.

Le retour avec les garçons est bien silencieux. On se quitte à Volontariat. C'est déjà dur de trouver les mots dans ces cas-là mais ce soir, la barrière de la langue se ressent douloureusement. Je voudrais les réconforter mais je ne peux qu'avec mon regard.

Je suis désemparée et heureuse à la fois. Mais c'est ça aussi, venir vivre avec des enfants pour qui la vie est difficile. Parfois elle est intolérable. Et parfois, quand on voit les sourires, les petits rires, on se dit qu'ils sont quand même heureux.

J'avais envie de vous faire partager les émotions qui ont jalonné mon weekend.

Retour sur le front de mer, en mobylette, il fait beau. Je ne regarde même pas la mer, je suis remplie de mes sensations, plus rien n'existe autour.

Demain, c'est férié, je vais à la plage. Je vais essayer de penser un peu à autre chose mais je vais garder tout ça dans un coin. Et j'attends avec impatience mon prochain séjour avec les petits! Et toutes mes pensées vont à Alexander.

Je vous embrasse.

(et ne vous en faites pas, je n'ai pas besoin de gentils messages de soutien, je vous ai raconté ça pour que vous sachiez mais je vais bien, hein.)

 

 


commentaires {5} - Ajouter un commentaire
Publié à 20:40, le 20/09/2009,
Mots clefs :

HOLIDAYS between KERALA, KARNAKATA and TAMIL NADU

 

 

Samedi 29 août

A 7h20, le bus pour Villupuram démarre.

Clément a passé la semaine à réserver les trajets et les hôtels et ça coince dès le premier train. On achète un autre billet, on n'a pas de place, le train a une heure de retard, on navigue pendant 6 heures, allongés sur les couchettes ou assis sur les banquettes. Ici, toute une vie s'organise pendant que les paysages défile, avec les familles, les marchands ambulants, les portes et les fenêtres ouvertes, le vent, les arrêts aux gares, le thé, le café, les rencontres...

On arrive à Madurai, une ville d'un million d'habitants mais avec des petites rues et des échoppes. On ne se rend compte de sa grande taille que lorsque l'on est en hauteur et qu'on peut ainsi prendre conscience de son étendue. Désagréable sensation d'être ici une touriste, de représenter l'argent pour la première vraie fois en Inde. Mais peut-on les en blâmer ?

On visite le gigantesque Temple Sri Meenakshi de nuit avant de dîner sur le toit d'un hôtel avec une vue... à perte de vue.

?

?

Dimanche 30 août

Petit dej de parothas et chappatis dans un bouiboui avant de se balader vers le Palace de Madurai. Il en reste seulement un quart puisque le reste a été détruit par le petit-fils du Maharaja et amené à Trichy pour en construire un autre. Sublime mais en reconstruction et peu d'efforts dans la peinture de restauration.

En chemin, on croise une foule amassée pour l'inauguration d'une boutique. Un acteur très connu est venu participer à l'évènement à grands renfrots de pétards qui enflamment tout sur leur passage. Peter Star !

J'ai le sentiment que le nombre et la taille des verrous sur les portes est proportionnel à la taille de la ville qui les abrite.

Buffet dans un hôtel pour indiens aisés et repos au bord de la piscine. Visite du Gandhi Memorial Museum. Emouvant de voir l'habit tâché de sang qu'il portait le jour de son assassinat, ses sandales en bois (très petites) et surtout ses lunettes !

On prend ensuite un rickshaw vélo qui nous dépose à notre demande sous le pont qui relie les deux côtés de la ville. La rivière quasi asséchée représente une grande étendue verte, terrain de jeu élu par les gamins du quartier. Cricket ! L'eau est immonde, les ordures crament, les animaux broutent, les femmes lavent leur linge... Une femme m'attrape la main et me la tord avec force pour que je lui donne de l'argent. On traverse ensuite le marché, on prend l'apéro sur le toit de notre hôtel et on part dîner en rickshaw sur une colline. On prend place dans le jardin d'un hôtel de luxe pour se régaler de viandes et de légumes délicieux. Vue sur toute la ville illuminée mais moustiques...

On descend à pieds à travers la forêt, ça me fait un peu peur et une fois en bas, le garde nous appelle un rickshaw.

?

?

Lundi 31 août

Petit dej sur le toit de notre hôtel face au Temple et à ses onze gopurams colorées (portes en forme de colonnes pyramidales, ici très hautes pour certaines). Les employés de l'hôtel nous apporte nourriture, boissons et couverts dans des paniers et du papier journal. Un peu sale... Je mange quand même. Clément moins... Une fois dans le rickshaw, ils nous accompagnet et insistent pour avoir des tips. On refuse et on va au Bus Stand.

Un petit garçon mendiant reste avec nous jusqu'à notre départ. On lui donne une pièce et un petit cure dent à la menthe, il est content, on se fait des grands au-revoirs au départ du bus.

Pendant 4 heures, nous somme quasiment seuls dans le bus puis nous avons 2 heures de transport où nous sommes bien serrés. Sur le trajet, on achète de quoi déjeuner. Pour moi, ce sera des cacahouètes chaudes cuites à la vapeur. Un peu molles et salées, on dirait des pois chiche. C'ést nouveau et délicieux. Les paysages se succèdent, chemins rouges, savanes ocres, rivières recouvertes de nénuphars vert foncé, traversées de buffles noirs, villages colorés, montagnes léchant de gros nuages blancs, enfants caramel nus courant dans les champs verdoyants, parents aux habits multicolores penchés dans les rizières anis, éoliennes couleur nuage... Plongée dans un livre sur Guernesey, je me souviens où je suis quand je lève le nez et que le décor me saute aux yeux. Des cocotiers longs, fins et courbés me font penser aux petites scènes animées qui passaient à la télé quand j'étais petite et pendant lesquelles des petits personnages grimpaient aux arbres et se les disputaient !

On arrive à Kanyakumari, village ouvert au tourisme depuis peu. Son intérêt réside dans le fait que c'est la pointe de l'extrème sud de l'Inde et qu'on peut y admirer le coucher du soleil à la rencontre de mers. La mer d'oman à l'ouest, la mer,du Bengale à l'est et l'Océan Indien au sud. Hôtels cubiques et marchands pour touristes...

Ce n'est pas très joli, à part le quartier des pêcheus paisible. Ambiance nonchalante avec les habitants assis sur leurs pas de porte et les enfants qui jouent partout.

On a fait 6 heures de trajet afin d'admirer le coucher du soleil (comme des dizaines de touristes indiens et un anglais!) mais les nuages nous empêchent de le voir... Dommage !

Je ne me sens pas très bien (migraine, mal au ventre). On dîne tôt de parothas, chappatis et masala dosai sous le regard bienveillant de l'adorable patron.

Si Clément a peu apprécié Madurai, je trouve que la halte à Kanyakumari n'a rien de très intéressant. A 19h30, on rentre à l'hôtel, je finis mon livre et m'endors.

?

?

Mardi 1er septembre.

31 ans de Julia !

Lever à 8h3O, Kérala, nous voilà, Bye Bye le Tamil Nadu !

9h20. On arrive à la gare. Petit dej dans une salle bleu sale. Idlis, gâteaux, Chai et coffee. On retrouve notre anglais d'hier.

Train en classe 2AC. Froid mais vide. Très froid, même. Sweats à capuche, couvertures, chaussettes, ça faisait bien longtemps...

On est descendus par l'est à l'extrême sud, on donne un petit coup de talon et on remonte par l'ouest. Palmiers, cocotiers... Je m'assoie hors de la zone climatisée et filme du rebord du train, par la porte ouverte. C'est ma première fois, j'en ai toujours rêvé...

On arrive à 13h3O à Varkala. Rickshaw direction l'hôtel New Heaven. Le patron déjeune, on l'attend devant la porte. On ne le reverra pas du séjour. La chambre est spacieuse même si elle sent un peu le renfermé. On est face à la mer, sur la falaise, ça fait vraiment vacances !

Au Kérala, le taux d'alphabétisation est très supérieur à la moyenne du pays et la misère beaucoup moins visible. Je note aussi que la végétation y est luxuriante, les rickshaws jaunes et noirs (jaunes dans le Tamil Nadu), les fourmis plus grosses et les saris moins nombreux.

On déjeune à la Trattoria à côté de l'hôtel. Pizza cuite au four tandoor, bof...

Petit ménage dans la chambre. Balade le long de la falaise dédiée aux touristes. Restaurants et échoppes tenus essentiellement par des tibétains et des bohémiens népalais. Par chance pour nous, la saison touristique débute en novembre.

Temps nuageux et un peu frais, vent, ça nous change.

Première plage, baignade interdite. Deuxième plage plus grande, baignade surveillée mais dangereuse, l'océan est féroce ici ! Pas mal d'indiens mais aussi d'occidentaux. Environ une vingtaine. Je n'en ai pas vu autant depuis 2 mois et demi et l'aéroport de Dubaï.

Jus de fruits frais à composer soi-même sous une paillotte verte et jaune tenue par une famille indienne. Ce n'est plus la saison des mangues en Inde, j'en suis navrée. Je choisis pastèque/papaye/gingembre. Le papa biker et nounours est un gros indien barbu aux cheveux crêpus, très sympa. Ils nous proposent de venir déjeuner le lendemain car ils vont préparer un thali spécial avec 22 accompagnements. Demain, jour de fête spécial pour le Kérala suivi de 10 jours fériés. On se fait attaquer par les moustiques, on court à la chambre se pulvériser de crême.

Apéro au Funky Art Café face à la mer. Il fait déjà nuit, mais on la devine. Ils ne mettent pas la bouteille de bière sur la table dans la mesure où l'alcool est interdit par la police. En revanche, cela n'a l'air de poser de problème à personne que la nappe, les serviettes, les verres et les cendriers soient sponsorisés par Kingfisher, la bière indienne.

Les poissons et crustacés du jour sont exposés devant les restaurants. On choisit de dîner au Sunrise où Clément déguste un homard grillé et moi un demi poulet tandoori. Les chats affamés du quartier se sont donné rendez-vous sous notre table. On les nourrit avant qu'ils ne commencent à se battre.

Cocktails au Kerala Coffee House avant de rentrer à notre hôtel, le dernier au nord de la falaise. Eclairés par la torche du portable de Clément. Seuls dans le bâtiment. Pas même un veilleur de nuit. Sensation d'être seuls au monde. Minuit, une averse tropicale retentit au milieu des cocotiers dans les ténèbres de la falaise. Clément sort fumer une clope sur la terrasse couverte pendant que je me pelotonne dans mon duvet. Pas besoin de ventilo cette nuit.

?

?

Mercredi 2 septembre

Toujours gris et nuageux, dommage pour cette halte de deux jours à la plage. Sympa les vacances en Bretagne, il pleut désormais.

Petit dej face à la mer à la terrasse du Clafouti Hotel. Oeufs au plat et brouillés, Bacon, tomate grillée, galette de pomme de terre, porridge, pancake au nutella, jus d'orange, thé et café. Bon, on est en Inde, il y a toujours une petite bête qui traine dans la nourriture, des mouches autour... Ce n'est pas tout à fait le Paradis, mais ça m'y fait bien penser.

Balade vers Black Beach au nord, tempête, vagues énormes... Des pêcheurs sur la plage dont un petit vieux qui propose de la marijuana à Clément (comme souvent à Pondi). Rickshaw pour aller tirer de l'argent au village car pas de cash machine sur le bord de mer où nous vivons.

A travers les petites routes, je sais enfin, j'ai le sentiment d'être en Martinique : Relief, végétation, humidité lourde, ciel voilé, milliers de cocotiers...

Les kéralais sont accueillants et nous serrent tous la main.

On arrive comme prévu à 13h au "Juice Shack" pour le Thali spécial aux 22 saveurs chez notre sympathique famille. On peut admirer des dessins de fleurs au sol pour la célébration culturelle. C'est la plus grande du Kérala et on a la chance d'y être à cette période, par hasard. Pendant dix jours, l'Etat célèbre l'âge d'or du mythique roi Mahabali. Cette fête est avant tout familialeet l'occasion pour les kéralais de festoyer et de décorer leurs foyers en prévision de la visite du roi. Les parents et les enfants se succèdent ici pour garnir nos feuilles de bananier de sel, bananes frites, séchées, en chips, fraîches, de mangue épicée, de chutneys de citron confit, de noix de coco, d'oignons, de mangue, de currys de haricots verts, de carottes, de pomme de terre, de haricots secs, de petits pois, au yaourt, lait de coco ou simples, de papadums, de raita au cumin, de sambar aux lentilles, et pour finir deux petits riz au lait chauds au fruits secs, cajou et cardamome, l'un brun, l'autre blanc.

C'est dur d'attendre d'avoir le riz pour commencer. On picore avec les doigts afin de patienter. On a la bouche en feu. Le riz arrive et on se lance.

Un régal des yeux et des papilles avec ce joli dessin et ses saveurs de feu.

Plage. Malgré le soleil, près de la falaise, l'air semble mouillé de brume, d'écume ou d'une vapeur poudreuse.

Recherche du lieu où nous avons rendez-vous pour un massage ayurvédique, l'Olympia House. Il en pousse partout des plus ou moins sérieux. Celui-ci était recommandé par le Lonely Planet. On se perd dans les ruelles et les chemins humides d'après la pluie.. On ne trouvera pas... Clément ira se faire masser a Clafouti House pendant que je me pose sur notre terrasse pour écrire.

?

?

Jeudi 3 septembre

Grand soleil, je file m'acheter un croissant au chocolat (aussi décevant que les pizzas en Inde) avant d'aller profiter de la plage. Je fais un peu le lézard, j'essaye de ma baigner mais la mer d'Oman me semble encore plus violente que la mer du Bengale. Je tente de capter la force des vagues avec mon appareil photo, en vain...

Jour férié donc beaucoup de familles indiennes habillées, main dans la main, les pieds dans l'eau. Contraste avec les baroudeurs occidentaux en maillot de bain qui se font bronzer ou jouent au Beach volley. Chacun sa culture.

Déjeuner au Varkala Marine Palace sur la plage. Salade de concombre à la menthe, dommage, le yaourt est sucré. Je mange ensuite un plat que j'adore à l'asso et que je découvre kéralais: Carottes, haricots verts, graines de moutarde, feuilles de cari. Le tout revenu dans du beurre avec des copeaux de noix de coco fraîche!

Plage, quelques achats, sacs, patron de l'hôtel invisible, on laisse l'argent dans la chambre. Rickshaw. Gare. Train avec des petites banquettes et des petites fenêtres. Moins de vue...

Des cafards courent sur le sol et les sièges, je ne suis pas très à l'aise. On a une heure de retard.

On arrive à la Gare d'Allepey. On téléphone à Matthew, le gérant de notre guest house pour lui demander le trif d'un rickshaw de la gare à chez lui. 35 à 40 roupies. On hèle un rickshaw qui ne veut pas descendre en-dessous de 50 roupies. On lui dit qu'on a téléphoné et qu'on connait le vrai prix. Il éclate de rire, c'est un ami de Matthew, il lui téléphone pour confirmer nos dires et on se met d'accord sur 40 roupies.

On arrive dans une grande maison blanche sans enseigne. Très propre. Chambre genre Miami avec des dorures et des draps coucher de soleil.

Les rues sont désertes et sombres, les gens se déplacent en voiture. Avec les grandes maisons fermées, j'ai l'impression d'être à Noirmoutier en plein hiver. Allepey a des allures de ville fantôme. Peu d'échoppes, pas de cabanes, des bâtiments en dur, pas d'enfants qui jouent, de femmes sur le pas de leur porte, d'hommes qui remontent leur pagne en crachant...

On dîne au Kream Korner, dans une grande salle colorée, un peu arty au milieu de familles indiennes. Dîner expédié, ils vont fermer. J'engloutis mon énorme assiette de riz aux légumes avec du poulet tandoori de Clément. On paye, hop, restaurant fermé. La ville dort, on va en faire autant.

 


commentaires {0} - Ajouter un commentaire
Publié à 13:13, le 15/09/2009,
Mots clefs :

J 91

 

 

Lundi 17 août

On déplore deux chauves de plus dans les rangs de la crèche. Deux crânes rasés, en fait.

Ici, il est très difficile de distinguer un petit garçon d'une petite fille si on ne les voit pas nus.. En effet, les mamans mettent indifféremment du vernis aux ongles des mains ou des pieds de leurs fils ou de leurs filles. Ce n'est donc pas un indice. Les vêtements non plus car les mamans les habillent avec ce qu'elles trouvent quand ils sont vraiment petits. Donc parfois un Tshirt Barbie pour un garçon... Les cheveux ne représentent pas un indice non plus dans la mesure ou certains garçons portent des couettes ou des queues de cheval et certaines fillettes les cheveux très courts.

La raison est religieuse, les croyants offrent les cheveux à Dieu. On les laisse donc pousser quel que soit le sexe puis on les coupe au Temple, souvent le dimanche.

C'est pourquoi, le lundi matin, on devine qui a eu droit à sa petite fête religieuse du week-end... Et cette fois, ce sont Krishne et Pavhitra.

Quand on voit les enfants nus au moment de la douche, on peut voir qu'ils portent presque tous un lien rouge le plus souvent et parfois noir autour de la taille. Les parents utilisent ce lien traditionnel afin d'assurer une bonne digestion à leur enfant.

Il pleut et l'humidité exacerbe les odeurs de détritus dans les rues.

Madeleine de Blic, la fondatrice de Volontariat est arrivée. On se présente à elle mais elle n'a que peu de temps à nous accorder, elle doit saluer tout le monde.

?

?

Mardi 18 août.

Le soleil est revenu.

Madeleine de Blic nous demande de lui rédiger un rapport sur nos activités à Volontariat. J'en profite pour lui glisser qu'il faut qu'on organise une petite expédition à lawspet, le camp de gitans afin de leur donner des photos qu'on a faites d'eux. Il me tarde de les revoir.

On informe M. Amul qu'on va faire un périple dans le Kérala fin août/début septembre.

Mes cours se passent bien.

On loue un nouveau 2 roues.

Mes nouvelles tongs et mon nouveau pantalon ne sont toujours pas prêts. Les indiens prennent leur temps mais je patiente.

Dîner chez Pizza Hut au milieu d'indiens plutôt aisés.

?

?

Mercredi 19. Jeudi 20. Vendredi 21.

On rit de plus en plus à la crèche avec la petite Catherin si mignonne, Vishnou qui a retrouvé le sourire, ses fossettes et ne les lâche plus, Gabriel le minus rigolard au doigt en l'air, Venishia la petite sauvage qui s'approche de plus en plus pour me faire des petits câlins, Ratiga la costaude qui veut que je compte en anglais avec elle et me tourne la tête quand je ne la regarde pas, Felixia la gentille rigolote qui nous montre tous les jours comment se brosser les dents avec son petit index, Jod la bonne pâte, bon public, la belle Pavhitra qui oscille entre rire et larmes, Kitan le baby fan de Clément, Aakash le grand sérieux qui croit qu'il est un cheval, Vishal le petit gremlins qui marche depuis hier, Abinaya la jolie timide au beau sourire, Giri le petit homme d'affaires, Dharnati et ses grands yeux rieurs, la tendre Kalpana avec qui on s'apprivoise et qui essaye tout les matins d'attraper le grain de beauté que j'ai dans la paume de la main droite pensant que c'est une poussière, Darani Daran le mini Elvis et ses gros éclats de rire, Darani le Cheyenne et tous ceux dont je ne comprends ou ne retiens pas les prénoms. Elvis m'a fait des gros bisous baveux et morveux sur la joue, les maîtresses ont éclaté de rire et moi, j'ai bien aimé...

Les grands UKG (les 4/5 ans) me font des bisous aussi désormais. Vite fait et en douce, sur les mains et les bras quand je passe. Masly m'a embrassé la joue quand je la portais.

Je ne suis définitivement pas une maîtresse pour eux. D'ailleurs, je viens de comprendre pourquoi ils me disaient toujours AKA. Je pensais qu'en Tamoul, ça voulait dire "regarde". Mais non... ça veut dire "grande soeur". Et ils m'appellent tous Amélie ou Aka ou Amélie Aka. Même ceux de la crèche qui parlent. Je trouve ça trop chou et ça fait beaucoup rire la plus vieille des maîtresses. Moins les mamans qui ont l'air de penser que ce n'est pas assez respectueux et qu'ils doivent m'appeller Miss. J'aime bien voir la tête des petits, à la sortie quand je comprends que leur maman leur explique ça. Ils ont l'air de hausser les épaules comme des ados, et de les regarder genre bah non, tu comprends rien, c'est pas une Miss, c'est Amélie, pas moyen que je l'appelle comme ça...

En Inde, quand on a envie d'embrasser quelqu'un qu'on trouve mignon mais qu'on ne peut pas, on pince la peau, en général de la joue avec tous les doigts et on s'embrasse ensuite le bout des doigts. Les maitresses de la crèche font ça avec les enfants, ce ne serait pas très pro de les couvrir de bisous sinon... Et parfois les petits se le font entre eux aussi! La douce Jenitha me le fait quand sa maman vient la chercher pour ne pas la vexer.

M. Ramadas doit taper nos rapports pour Madeleine. On vérifie parce que son français écrit n'est pas vraiment parfait...

Les déjeuners avec Madeleine se font plus officiels et plus guindés. Ce midi, on déjeune avec un couple de Toulouse dont la femme chirurgien est venue opérer plusieurs indiens à la demande de Volontariat. Madeleine nous propose d'assister à un mariage indien avec elle dimanche matin.

On se donne rendez-vous à 6h du matin afin que je me fasse attacher mon sari par des dames de l'asso.

On boit des mojitos à 130 roupies en sortant du travail. Soit moins de deux euros...

Puis repos.

?

?

Samedi 22 août

M. Amul, le directeur du Parrainage nous dépose son fils vers 11h afin que Clément lui donne une leçon de grammaire française d'une heure environ.

On se mettra ensuite en quête d'une tenue pour le mariage du lendemain.

Je crois m'étouffer de rire en voyant Clément sortir de la cabine d'essayage moulé dans un patte d'eph en toile grise... On lui trouvera finalement un simple pantalon en lin au marché.

Je choisis pour ma part, un sari de soie violette, une fine blouse rose foncé, un jupon bleu (qu'on ne verra pas) et des bracelets or et rose.

?

?

Dimanche 23 août

Lever à 5h. On admire le lever du soleil.

6h. On se retouve dans les cuisines de l'asso où des indiennes nous habillent, Harriet et sa copine, Michelle la chirurgien, Patricia, une marraine et moi. Blouse, jupon, des mètres et des mètres de saris, des bracelets clinquants, des fleurs dans les cheveux et nous voilà dans les voitures direction la salle du mariage à quelques kilomètres de Pondichéry.

J'ai toujours entendu parler des mariages indiens comme d'une chose formidable à voir absolument. Je dois avouer que je n'ai pas été subjuguée. Madeleine (et donc nous) était invitée parce que les mariés étaient d'anciens enfants parrainés. Mariage d'a&mour accepté par les parents, plutôt rare en Inde. Cela aurait dû être la fête ! Mais les mariés (peut être intimidés) ne se regardaient pas du tout.

Un mariage indien dure entre deux et cinq heures. Le plus souvent trois heures, de 7h à 10 h du matin. Dans une grande salle, les spectateurs assistent à une cérémonie sur une estrade. Des musiciens donnent le rythme. Les mariés sont décorés, félicités, allument des bougies, versent des pétales, font des gestes initiés par un brahmane. Les invités peuvent monter embrasser les mariés, leur donner des cadeaux, les photographier. Nous sommes montés les saluer et avons reçu un cadeau sur nos épaules, une sorte de torchon qui est en fait une serviette de toilette. On a dû donner 100 roupies comme présent dans une enveloppe. On est ensuite descendus au sous-sol où était servi un copieux petit-déjeuner. Puis on nous a offert une noix de coco et retour à l'asso pour se faire déshabiller.

Aujourd'hui, c'est la fête de Ganesh, on croise des centaines de pélerins en orange qui se rendent loin. Je n'ai pas compris où ... Des "check points" leur donnent de l'eau. On voit de tout. Certains ont des allures de marathoniens modernes en baskets, shorts et avec pour touche orange, leur casquette. Ils cotoient des marcheurs traditionnels, pieds nus en pagne orange.

On va en mobylette à Paradise Beach à 8km au Sud de Pondi. On passe des ponts au dessus d'estuaires fermes par des bancs de sable clair, des cocotiers... On se gare sur le parking avant d'emprunter le bateau qui nous emmène sur l'île de Paradise Beach. La plage est plus agréable que celle d'Auroville, plus jolie aussi. Et comme il faut payer pour s'y rendre, on croise moins d'indiens venus "mater"... On voit plutôt des indiens et indiennes aisés, en jean, comme j'en ai rarement vu. Personne en maillot de bain malheureusement, donc je me baigne en Tshirt... Le cadre serait presque idyllique si ils faisaient un peu le ménage.. On a déjeuné sous la seule paillotte de l'île. Mauvais, sale, gras et le sable sert de poubelle, quel dommage !

Au moment de monter sur le bateau pour quitter l'île, Clément s'aperçoit qu'il a perdu la clef de la mobylette. Recherche dans les sacs, dans le sable, retour pour voir si le véhicule est toujours là... On téléphone au loueur qui doit venir amener un double, on l'attend, on l'attend, en fait, il ne viendra pas... Alors qu'il y a quinze minutes, il nous a dit qu'il arrivait dans cinq minutes ! Les indiens sont parfois étranges. Rickshaw négocié difficilement. On voit le frère du loueur avec qui Clément part en moto avec un sac de doubles de clefs. Je rentre à l'appart.

Quand il rentre, il fait nuit noire. On va dîner au très chic restaurant de l'hôtel de l'Orient afin de manger un filet de boeuf délicieux, de la salade verte et des pommes de terre nouvelles pour se requinquer.

Un orage éclate pendant qu'on dîne sur une terrasse abritée. On voit la pluie tomber, se calmer et reprendre de plus belle au moment où on enfourche notre mobylette. Retour sous l'eau chaude.

?

?

Lundi 24 août

Tout le monde pleure à la crèche ce matin. Catherin est magnifique dans sa barboteuse rouge.

On déjeune avec Madeleine, diverses personnes et la présidente de l'association, une dame indienne âgée, ancienne professeure d'université à Delhi. On lui raconte ce qu'on fait ici.

On file ensuite à la gare pour réserver les billets de train pour le Kérala Trip. Mais quasiment tout est complet.

En quinze jours, on a prévu de passer par :

Pondi - Villupuram - Madurai - Kanyakumari - Varkala - Allepey - Kumily - Munnar - Cochin - Ernakulam - Mettupallayam - Ooty - Mysore - Bangalore - Chennai - Pondi.

Clément s'occupe alors des réservations sur internet sur mon ordi pendant ma computer animation. Du coup, on joue avec la pâte à modeler qui n'a désormais plus qu'une seule couleur. Marron dans tous les pots... On fait de la cuisine, des chappatis, des parothas, des dosais, on fait semblant de manger, on rigole bien !

Pendant ma pause, je croise Vishnou dans les bras de sa maman dans la rue. Il se dévisse la tête pour me faire des sourires avec ses deux fossettes et des coucous avec sa petite main, ce qui fait bien rire sa maman ! Je suis fan de ce petit toujours sage, calme, content, souriant, gentil et qui porte toujours sa serviette autour du cou de travers à la crèche. Il se prend pour un super-héros avec une cape ...

Je sers ensuite le lait pendant que Clément donne sa English Speaking Lesson du soir à un groupe de collégiens. Petit clin d'oeil aux potes de Nenex. Dans son groupe, Clément a un élève dont le vrai prénom est Nexon. Bien drôle ! Ses potes le surnomment Nexon Mandela.

On laisse au loueur la mobylette afin de se faire réparer la chaine pendant qu'on dîne dans le resto voisin.

Chicken 65. Morceaux de poulet trempés dans une mixture rouge et épicés avant d'être frits. Croustillant. Avec un peu de jus de citron. Délicieux le plus souvent. Ici, c'est le cas. 65 car c'est l'année où cette recette a été inventée.

On mange aussi des mushrooms 65, des champignons préparés selon la même recette, un régal avec des parothas (ma passion) et une salade de concombre rafraichissante.

?

?

Mardi 25 août

Ce matin, on joue comme d'habitude avec les petits à la crèche quand une des maitresses accourt en criant. Les autres prennent un visage apeuré et se levent d'un bond. Je crois qu'il est arrivé quelquechose à un enfant laissé sans surveillance, mon estomac se serre. Je les vois bondir pour fermer les portes et les fenêtres. Avec Harriet et Clément, on ne comprend rien, on pense à un cyclone, mais ce serait étrange de ne pas avoir été au courant avant... Les maitresses voient nos têtes et nous crient pour nous expliquer : "monkeys, monkeys!!". Ok, du coup, c'est moins terrible que prévu! Des singes se sont introduits dans l'enceinte de l'asso et comme ici, ce sont des gros macaques, si jamais ils pénètrent dans la crèche, on ne pourra pas les contrôler et cela risque d'être dangereux pour les enfants. Sensation étrange de se barricader et d'imaginer des singes qui pourraient essayer d'entrer dans la pièce... Il n'en sera rien. Un gros macaque a traversé la cour avant de passer son chemin, rien de plus.

On a ensuite rendez-vous avec Madeleine qui pense qu'on a eu un bon emploi du temps jusqu'à maintenant mais elle a d'autres idées pour nous désormais. On pourrait créer un atelier de théâtre avec les gamins des rues de Souriya Home et peut être aussi avec les enfants de Nilla Illam, ceux qui vivent à la ferme. Clément devrait aussi visiter L'Atelier Shanti et Omshanti.

Madeleine nous laisse ensuite devant une armoire magique remplie de déguisements et de maquillage avant de nous donner des numéros de personnes à contacter et de nous demander d'informer Amul et Shantee de nos modifications d'emploi du temps.

Je suis contente d'avoir du changement, de pouvoir travailler avec les garçons de Souriya parceque je les aime bien, mais je suis triste de moins voir les petits, les dames de la cuisine, du snack.... Je vais essayer de continuer à les aider au maximum même si je vais forcément devoir diminuer afin de ne pas voir de trop longues journées. Les cours de théâtre seront donnés le soir et/ou le week-end, après les cours des enfants.

Je n'avais pas vraiment fait attention avant mais je viens de m'apercevoir que Murali, 11 ans et un des plus beaux sourires que j'ai jamais vu, passe ses journées tout seul. Ses deux plus grands frères vivent à Souryia. Lui vit à Nilla Illam avec son frère ainé. Il a eu un accident mal soigné à la jambe et sa plaie s'est infectée jusqu'à l'os. Il reste donc au main office, près du dispensaire afin de recevoir les soins adéquats. Donc il est logé dans une chambre des personnes âgées et reste seul ou avec elles. Il s'ennuie et depuis que je le sais, je suis mal pour lui. Je lui achète des bonbons et des petits magazines pour lui passer le temps, je ne sais pas quoi faire, c'est délicat quand on ne parle pas la même langue. Je demande à Madeleine si je peux le prendre avec moi demain pour ma computer animation. On regardera Jungle Book, il n'y a pas d'âge pour ça, même en anglais. Elle trouve que c'est une bonne idée mais me dit de voir avec M. Sendil qui gère le main office qui trouve que c'est une bonne idée mais me dit de voir avec la dame qui gère le quartier des personnes âgées qui trouve que c'est une bonne idée mais je dois aussi m'expliquer avec les personnes âgées, promettre que je le ramène bien après... Lui ne comprend pas bien ce qu'on va faire mais bouger le ravit!

On rentre regarder le coucher du soleil du toit de mon immeuble puis balade sur le front de mer avant d'aller dans un restaurant de spécialités d'Inde du Nord pour déguster du Poulet Tandoori servi avec une sauce à la menthe très forte mais très bonne et des parothas Tandoor et Butter.

?

?

Mercredi 26 août

On demande les histoires des enfants de la crèche, pourquoi ils sont si pauvres, qu'est-ce qui est arrivé à leurs familles, comment ils vivent... C'est dur, ils n'ont vraiment pas une vie facile...

La maman de Baocia a 23 ans et un fils de 5 ans en UKG, elle élève seule ses deux enfants parce que son mari est mort l'an dernier. Elle travaille comme "nurse" et gagne 700 roupies par mois soit environ 10 euros.

Le papa de Kalpana est parti avec une autre femme. Sa maman n'ayant plus de ressources a été obligée de partir travailler je ne sais pas où pour trouver un peu d'argent donc la petite et sa soeur sont élevés dans une grande précarité par leurs grands-parents.

Toutes les histoires se ressemblent et ces femmes seules ou avec des maris qui boivent se battent pour faire vivre leurs enfants en étant à la merci de tous...

M. Amul nous a organisé un rendez-vous avec un indien très haut placé qui a des relations dans la culture et le théâtre. Nous le rencontrerons à Chennai le 14 septembre. C'est nous qui avons demandé cette date qui nous arrange puisque nous passons par là ce jour-là pour rentrer du Kérala.

Shantee me demande d'expliquer l'informatique à Jyanti. Elle travaillait à la crèche mais apprend désormais en LKG et UKG. Elle continuera les Computer Animation pendant mon absence.

On déjeune avec un jésuite qui a des connexions à l'université et veut nous organiser une semaine de cours sur le théâtre là-bas. Je souhaite consacrer mon temps ici à aider les gens, pas à m'éparpiller...

J'emmène Murali avec moi et on va regarder Le Livre de la Jungle avec les petits UKG. Il les dispute un peu quand ils bougent trop ou veulent toucher l'ordi, ça me fait des vacances. Ils l'écoutent plus que moi et restent bien sages !

Je suis appelée pour une réunion avec le jésuite qui parle du travail avec les social workers de l'asso. Pas le temps de ramener Murali, je le laisse avec un cd pour enfants sur mon ordi. Au bout de 10 mn, je m'éclipse, ça me fait de la peine de le laisser comme ça, je vais le voir et on décide (je ne sais même pas comment, dans quelle langue, avec quels signes...) qu'il va passer une demi-heure avec les carpenters. Ses frères travaillent là, je l'amène et demande au professeur si cela ne le dérange pas de veiller sur lui. Je retourne à la réunion où on doit expliquer avec Patricia (une marraine) comment se passe l'école en France pour les moins de 6 ans. C'est évidemment très différent d'ici...

Je retourne chercher Murali, ravi, qui repart la mort dans l'âme, on fait un crochet par l'épicerie pour lui acheter du Coca et des gâteaux et je le dépose au main office avant d'aller préparer le lait !

?

?

Jeudi 27 août

Tous les bébés pleurent et crient. Je comprends que c'est parce qu'ils sentent que leurs parents ne sont pas loin... En effet, est organisé aujourd'hui un colloque sur la prise de conscience de la dépendance à l'alcool. C'est un problème croissant en Inde et notamment à Pondichéry où les taxes sont moins élevées qu'ailleurs et par conséquent, les tarifs plus bas. Beaucoup de papas sont présents et quelques mamans. On y assiste au moment du Puppet Show sur les dérives de l'alcoolisme...

On a ensuite rendez-vous avec Madeleine et M. Kamala, le responsable d'un groupe d'Emmaüs Inde et en sera le représentant pour les 60 ans fin septembre à Paris. Il doit nous connecter avec un groupe de théâtre social qui officie dans les villages. Il nous demande de lui envoyer un mail auquel il répondra à côté. Les indiens comprennent toujours ce qui les arrange.

On déjeune, on aide en cuisine pour le déjeuner des enfants parrainés puis celui des parents qui assistent au colloque. Les mamans sont belles, on les connait. Certains papas sont biens, on les connait ou non mais je remarque surtout ceux que je n'ai jamais vus et chez qui on ressent la grande misère... Plus qu'avec les mamans et les enfants. Ils ne se forcent pas à sourire, n'ont pas les couleurs des saris pour égayer l'apparence, baissent les yeux de savoir que leur famille sombre parfois à cause d'eux, semblent avoir baissé les bras... Je ne ressens pas chez eux la force qu'ont les mères à porter les enfants, la maison, elles-mêmes aussi..

On joue ensuite avec Murali avant d'aller visiter Omshanti avec Jeanne puis L'Atelier Shanti où les anciens lépreux et les handicapés travaillent le tissu au bord de la mer. Je suis venue il y a deux mois, rien n'a bougé, j'espère revenir.

On dîne ensuite à Souryia pour discuter de l'éventuel atelier théâtre que l'on souhaite organiser à notre retour du Kérala. Les garçons sont partants, timides mais partants!

?

?

Vendredi 28 août

On fait des câlins aux petits de la crèche qui vont bien nous manquer pendant quinze jours. Les maîtresses deviennent de plus en plus à l'aise avec nous et nous invitent à dîner chez elles à notre retour.

11h. Rdv avec Aline la responsable de la crèche de Souriya. Elle nous apparait enthousiaste à la perspective de nous apporter son aide. Elle a déjà quelques idées et va réfléchir à ce qu'on pourrait faire avec elle. Elle pense par exemple à un tableau de prévention contre l'alcool et le tabac.

A notre retour, la sécurité nous informe que nous sommes attendus chez Madeleine. Cela semble très officiel alors qu'en fait, elle a juste fait préparer un pot de mayonnaise maison pour Clément parce qu'elle sait qu'il adore ça.

On passe la computer animation avec Jyanti, a priori, elle devrait s'en sortir pendant mon absence.

Un petit tour par la crèche pour dire au revoir aux petits. Je suis un peu triste...

Lait. Retour de la mobylette chez le loueur, achat de chapattis et de poulet tandoori délicieux dans la rue et on fait nos sacs ! Pour des vacances, des vraies vacances, ça fait bien longtemps... J'ai hâte.

?

?

 


commentaires {2} - Ajouter un commentaire
Publié à 13:11, le 15/09/2009,
Mots clefs :

J 70

 

 

Retour sur le WE à travers le Tamil Nadu

Jeudi 13 août

Après le spectacle pour l'Independance Day, nous avons déjeuné au Volontariat puis fait un joli voyage en bus de 2 heures entre Pondichéry et Chidambaram.

On arrive dans une toute petite ville où peu de rues sont faites de bitume.

Recherche d'un hôtel. On déambule dans des ruelles de terre rouge entre les vaches et les échoppes. On pose enfin nos sacs dans un hôtel avec télé et on rigole un peu devant les clips et les émissions Made in India.

A certains carrefours, je sens une odeur déjà humée en Inde. Je l'adore sans pouvoir l'identifier ni vraiment la décrire: un mélange de bon poivre et de café doux, presque sucré... Cette senteur m'envahit le nez et la bouche sans que je parvienne à en trouver l'origine. Pourtant, j'aimerais tellement connaitre le goût de cette odeur.

Fin d'après-midi, on laisse nos tongs et on entre pieds nus dans le grand temple de Chidambaram. On plonge directement dans l'ambiance très particulière des lieux. Relaxante en cette fin d'après-midi. L'enceinte me semble beaucoup plus agréable que celle de Tiruvannamalai. Ici, on n'est pas en centre ville et il y a moins de couleurs. On est au milieu d'un village, de verdure, de vieilles pierres et de brahmanes torses nus. Ils sont très nombreux, ont l'air de vivre à l'intérieur, portent tous un long pagne blanc, des grands colliers en bois foncé et un chignon assez particulier. Ils relèvent et attachent leurs cheveux sur le côté de leur crâne. De nombreux traits blancs (les cendres de Shiva) leur barrent le torse, le front et les bras. On retrouve cette cendre (de l'encens, en fait) aux pieds des nombreuses colonnes extérieures. Les pélerins s'en mettent sur le front. La lumière rasante du jour déclinant accentue l'impression de sérénité qui se dégage de cet endroit. On trouve un temple principal, des sanctuaires et des templions. On déambule au milieu des pélerins quand un brahmane nous pousse vers un temple où débute une cérémonie. Les cloches retentissent, les gens s'alignent face à trois portes en métal qui s'ouvrent simultanément de manière magistrale sur une jolie pièce qui semble très ancienne. Elle est tout de cuivre et de métal et illuminée par des dizaines de flammes le long des portes et sur un énorme chandelier. Tout le monde prie les statues, on ne voit pas bien ce qui se passe à l'intérieur. J'ai beau être grande, ce soir, je ne suis pas la seule... Dess gens contournent la pièce surélevée et vont faire des offrandes à des brahmanes haut perchés, d'autres se font bénir. On fait un petit tour afin d'admirer l'architecture. Par endroits, le sol en pierre brûle mes pieds par la chaleur du soleil qu'il a dû accumuler pendant la journée. Les occidentaux (on est moins de dix pour des centaines d'indiens) après avoir regardé la cérémonie pendant une vingtaine de minutes, se dispersent vers la sortie. Notre brahmane du début nous remet dans les rangs... La cérémonie n'est pas terminée. Les brahmanes qui sont dans la pièce en métal s'affairent, allument des torches, des bougies, sonnent à nouveau les cloches. Je ruisselle, serrée au milieu de cette foule qui se presse et dont la ferveur représente à elle seule le spectacle de la cérémonie. Le bruit des cloches m'assourdit puis se calme au bout d'une dizaine de minutes pour laisser la place aux chants des brahmanes. Le "public" est subjugué par les statues et ce qui se passe dans la pièce face à eux. Les gens joignent leurs mains ou se tapotent les joues et la bouche comme s'ils mimaient des embrassades avec Shiva. La foule n'en finit pas de s'étoffer. Les cloches reprennent et je m'assoie par terre, un peu à l'écart, adossée contre une colonne. malgré le bruit, l'ambiance reste calme et zen.

La foule se disperse ensuite et nous nous baladons chacun de notre côté., à travers temples, allée et recoins plus ou moins sombres. La nuit est tombée sur les vieilles pierres que j'arpente afin d'observer les indiens en ligne, qui prient chaque statue, déambulent en tous sens, s'allongnet et baisent le sol, admirent un toit en or, grimpent les marches, contournent les grilles, se signent, font des offrandes. Des brahmanes allument des tas de petites bougies odorantes au camphre, d'autres discutent par deux ou trois, assis en tailleur.

Dans la pénombre de certains recoins, j'ai la sensation d'être Indiana Jones qui découvre les vestiges d'un sanctuaire où la vie grouille encore.

Le temple de Chidambaram est le seul temple privé d'Inde. Il appartient aux brahmanes qui demandent donc beaucoup d'offrandes pour le gérer et vivre. Clément sera sollicité, pas moi. Assise sur le sol brûlant dans la moiteur de la nuit, j'ai fini mon tour, je l'attends et j'écris. Des brahmanes me saluent. Celui du début vient me parler à plusieurs reprises, me fait répéter quelques mots en tamoul, des genres de petites prières et me donne un papier à lire avec ses coordonnées si sa pensée m'intéresse. Il veut que je le suive mais Clément me retrouve et me montre un côté que je n'avais pas visité. On découvre le très beau bassin sacré, le plus grand d'Inde du Sud. On se met à imagnier la vie dans les murs, ce qui se passait à l'époque...

Chidambaram est une toute petite ville qui s'est construite autour de ce grand temple. Pourquoi a-t-il poussé là, au milieu de nulle part ? C'est un mystère mais il fait bon vivre dans ces petites rues aux mille échoppes. On dîne à côté du temple puis on se perd dans les chemins de terre avant de rentrer à l'hôtel.

Les photos étaient malheureusement interdites dans le temple et maintenant qu'il fait nuit, il m'est difficile d'attraper les images de Chidambaram pour vous. Je n'ai que mes mots à vous offrir.

?

?

Vendredi 14 août

?

C'est l'anniversaire de Clément. On est un peu déconnectés, on a crû jusqu'à 15h que c'était hier. Mais non, c'est bien aujourd'hui!

On se lève tôt, on prend un petit déjeuner mi indien (idlis, chapattis...) mi continental (toasts grillés à la confiture) et on prend le bus pour Tanjore à 9h. Les paysages défilent et nous regrettons de nous mettre à l'avant pour avoir de la place pour nos grandes jambes. Nous sommes juste derrière le chauffeur et son insupportable klaxon sur lequel il appuye en permanence. Nous arrivons à Tanjore, sourds, exténués et transpirants après 4 heures d'un voyage mouvementé. Rickshaw, recherche d'hôtel sous un soleil de plomb. Soit complets, soit sales, soit trop chers... On finit par trouver une petite chambre plutôt propre On pose nos sac, pschitte de l'insecticide, se douche puis nous déjeunons.

Tanjore n'attire pas les touristes étrangers mais nous sommes plutôt charmés par ces petites rues vivantes, bruyantes et peuplées d'indiens sourients et accueillants. Les Tamouls possèdent cette réputation qu'ils n'usurpent pas du tout ici !

On visite le petit Saravasti Mahal Museum où l'on découvre des gravures vraiment originales : Les Punitions des Chinois (ou 22 manières de supplicier un individu) et des métamorphoses de visages en têtes d'animaux (assez étrange)... Mais aussi des manuscrits munuscules en tamoul sur des feuilles de palmiers. Je suis fascinée.

On décide de ne pas emprunter la rue principale afin de se rendre au temple mais de plutôt se perdre dans les petites ruelles de derrière. On retrouvera bien notre chemin. On fait bien! On traverse des terrains vagues où vaquent des chèvres et des écoliers qui font du sport, qui nous nous interpellent et avec qui on passe un peu de temps. On suit ensuite une fillette qui nous montre un peu le chemin et nous présente à ses amies qui gloussent de nous voir là.

On trouve le temple mais on arrive par un petit chemin en cul de sac, contre une barrière de l'enceinte. Des indiens qui travaillent là nous proposent de nous ouvrir une petite porte avec leur clef moyennant finances. On refuse, on fait demi-tour à la recherche de la grande entrée quand on voit une famille se faufiler entre le mur et la grille. On les imite, on planque nos chaussures dans notre sac afin d'arriver pieds nus comme tout le monde. Un éléphant bénit les gens comme à Pondi. Le temple, classé au Patrimoine mondial de l'Unesco en tant que plus grand temple vivant de l'Art Chola, date du Xème siècle et reste un des plus grandioses dédiés à Shiva. Les pierres blondes proviennent de la montagne. Le temple principal s'élève à 66 mètres de haut et de nombreux sanctuaires l'entourent. L'architecture impressionne mais je suis moins fascinée qu'à Chidambaram. Je ressens moins de ferveur religieuse. Des familles semblent se promener, se reposer sur les pelouses... Le puits ne fonctionne pas, contrairement à hier où les pélerins y prélevaient de l'eau sacrée pour se bénir. Je prends des photos, je me balade et je me dis que j'aimerais bien qu'il y ait un grand temple comme ceux-ci à Pondichéry. J'irais m'y poser pour écrire quand j'aurais un moment... Ce qui, en soi, reste très rare...

Le jour décline bientôt. Hôtel. Douche. Resto. Dodo.

?

?

Samedi 15 août

?

On se lève tôt encore, on a trois jours pour visiter donc pas de temps à perdre. Petit-déjeuner indien dans un bouiboui (Pooris, sauces aux épices, jus de mangue).

Visite de l'ancien Palais du Maharaja. XVIème siècle. Sculptures de granit. Plafonds magnifiques. Cour reposante. Photos interdites ou alors il faut payer. Pas envie donc j'en prends en douce... d'où des clichés un peu de travers. On monte ensuite à la Clock Tower. On s'assoie pour se reposer un peu au 3ème ou 4ème étage. Je ne sais pas exactement, les escaliers sont biscornus et on grimpe par demi-étages. Une famille engage la conversation avec nous. Ils veulent (comme tous les indiens) savoir d'où l'on vient, notre prénom, mais aussi notre religion. On leur dit quelques mots en tamoul, ils deviennent fans de nous, hilares ! On entreprend de continuer notre ascension. Des barrières en inox enlèvent un peu de charme à ce vieux bâtiment qui offre une jolie vue sur la ville. Je m'arrête là, prise de vertige et je redescends. Clément ira jusqu'en haut mais ne fera pas le fier, au sommet avec la petite barrière basse pour seule protection.

On se fait prendre en photo par des adolescentes puis on part visiter la dernière partie du Palais, deux rues plus loin. Une vieille femme garde la porte, on avance dans des pièces sans lumières et remplies de chauves-souris se réfugiant dans les cavités murales, criant et volant d'un rebord à l'autre. On ne fait pas les malins, on n'avance pas trop dans le fond des pièces sombres et sans fenêtres. On tente d'y voir un peu avec le flash de l'appareil photo. On en capture ainsi quelques-unes au vol. Puis on monte à l'étage plus éclairé et où on visite un joli petit musée.

On se balade ensuite dans un petit parc d'attractions avec un zoo un peu nul et une piscine où les gens se baignent habillés (!). Je fais quelques achats sur des stands et dans des échoppes puis on déjeune d'un Thali : Une feuille de bananier, du riz, diverses sauces et currys végétariens, une main droite, 50 roupies et hop ! Chaud, puissant, délicieux. Je décortique ensuite une grenade rouge, chaude et sucrée qui me coule entre les doigts. Mmmm... J'en donne quelques graines à une petite fille qui m'en a demandé.

On récupère nos sacs à l'hôtel. On file ensuite en rickshaw à la recherche d'un bus qui pourrait nous faire faire une correspondance pour notre dernière halte du WE. L'endroit, peu touristique, n'est donc pas beaucoup indiqué dans les guides. Au bus stand, on rencontre un indien très serviable, comme souvent ! Il nous fait monter dans un bus pour Karaikal (dans aucun guide) et le chauffeur nous dit qu'on trouvera là-bas un bus pour Tranquebar.

Si nos trajets en bus nous ont offert de beaux spectacles jusqu'à aujourd'hui, ce n'était rien comparé à celui-ci. J'en ai oublié de prendre des photos ! On démarre à 15h, traverse les villes et villages, le tumulte, les klaxons puis au fur et à mesure, tout cela se raréfie jusqu'à disparaître.. On sillonne des forêts tropicales, des rizières, des champs de canne à sucre, des points d'eau. On croise de temps en temps de minuscules villages composés de cabane en feuilles de palmiers, parfois sans porte, des vaches, des chèvres, des enfants nus, du linge qui sèche, des feux, des gens isolés de tout qui doivent vivre d'un peu d'élevage et d'agriculture, quelques temples minuscules... Le Tamoul est l'une des plus anciennes langues au monde et ici, j'ai l'impression de traverser l'Inde originelle.

Pendant quatre heures, la tête suante, posée de travers sur le skaï de la banquette, la main accrochée à la barre de ma fenêtre, le vent dans le visage, recroquevillée, les genoux appuyés sur le dossier du passager devant moi, la bouche entrouvertre et les yeux grands ouverts, je rêve... en ne perdant rien de la toile que le chauffeur déroule devant moi.

Emerveillement. Apaisement.

On longe la rivière. Je me dis à un moment que je veux vieillir ici. Je me raisonne. Je serai vraiment trop loin de vous.

Ici, ils n'ont vraiment pas l'habitude de voir des blancs! Tout le monde ouvre des yeux ronds en nous apercevant dans le bus.

La rivière est maintenant asséchée et des enfants jouent dans son ancien lit. Le paysage devient plus désertique, l'agitation reprend, le chauffeur retrouve le chemin du klaxon, on croise de petits bourgs vivants, dans le jour finissant.

On arrive à Karaikal, on trouve un bus pour Tranquebar, il fait nuit, ici personne ne sourit, les femmes portent des voiles noirs, on a hâte d'arriver et de découvrir notre hôtel.

L'air qui me fouette le visage semble iodé et l'obscurité ébène qui borde la droite de la route m'évoque l'immensité, ce doit être l'océan. Nous nous rapprochons. Le contrôleur nous fait signe de descendre dans un tout petit village au milieu de rien. Un panneau indique la direction de l'hôtel, le seul d'ailleurs. (en fait il y en a deux mais du même groupe et collés. Un cher et un abordable). On passe les échoppes, une porte (arche blanche témoin de l'histoire de la ville) et on se retrouve dans une longue rue peu éclairée où se succèdent des bâtiments religieux de divers cultes et un pensionnat d'où s'échappent des éclats de voix d'enfants, seuls bruits qui fendent cette nuit silencieuse. On n'est plus en Inde.

A droite, on aperçoit le Fort construit par les Danois au XVIIIème lors de la course aux épices. Il surplombe ce qui doit être la mer. Face à lui, l'hôtel principal perché sur une pointe rappelle le luxe colonial d'antan. Il a été construit dans un ancien bâtiment historique. Nous y passerons le plus clair de notre temps à Tranquebar mais nous dormons dans l'hôtel de derrière, moins cher...

Nous commandons notre dîner et on nous accompagne déposer nos sacs dans notre chambre. La grande batisse blanche de bord de mer m'évoque plusieurs ambiance très loin de la coloniale du bel hôtel. J'ai l'impression avec les placards et secrétaires en bois sombre, d'être dans un dispensaire en Afrique, un ancien cloître en Bretagne ou encore une vieille pension de famille en Cornouailles. On inspecte, cela semble propre même si l'humidité se voit sur les murs défraichis. On ferme la porte, on commence à s'installer, on tire sur une serviette de bain et là, des insectes en sortent. La salle de bains est vite infestée. On change de chambre pour une plus petite, au rez-de-chaussée, avec moins de bêtes, mais un peu quand même. Et des bizarres jamais vues avant, mais petites...

On dîne sur la terrasse du bel hôtel entre deux familles françaises. La nourriture à mi-chemin entre l'Inde et l'Occident ne me semble pas à la hauteur de la prestation, ni ce soir, ni le lendemain midi. Ce n'est pas mauvais pour autant mais après le délice des bouibouis, c'est assez décevant. Le grand hôtel reste très calme, il n'y a que Huit chambres. Il y en a plus, je pense dans l'autre, mais il n'y a quasiment que nous.

?

?

Dimanche 16 août

?

Seul le petit-déjeuner me régale avec une omelette aux légumes épicés, du jus de mangue et des toasts aux nombreuses confitures.

Le ciel restera voilé presque tout la journée. On a moins chaud ainsi, c'est agréable. La piscine de ce havre de paix en bordure de mer sera mon lieu de prédilection de la journée. La température de l'eau surpasse même par moments celle de l'air.

Si vous passez seulement quelques semaines en Inde, je ne vous conseille pas de venir à Tranquebar. A part ce "ghetto de riches" qui n'est pas l'Inde, il y a peu de choses à découvrir dans ce mini-village fraichement ouvert au tourisme et loin de tout. Mais pour moi qui suis dans ce pays depuis deux mois et pour quatre encore, cette halte constitue une parenthèse reposante dans un lieu paradisiaque. Apparemment très touché par le Tsunami (comme tout le golfe du Bengale), on peut voir dans ce village un joli temple partiellement détruit, face à l'océan. On visite le Fort danois, une église mais on reste surtout à se baigner, se reposer, lire, écrire, rêver à l'hôtel, dans la piscine, sur la terrasse ou sur une serviette moelleuse posée sur un gazon douillet.

Pendant une baignade, le ciel s'assombrit, le tonnerre gronde et une forte averse nous inonde. C'est vraiment génial de se baigner dans une eau chaude sous une fraîche pluie battante, on redevient des enfants !

Sieste sous le soleil qui est revenu. On plie bagages. Direction le village afin d'attraper au vol un bus pour Pondi. Direct en 3h.

On voit des gens attendre, on se met avec eux. Un premier bus passe sans s'arrêter, il est plein. Un monsieur nosu explique qu'il y a peu de directs le dimanche soir.

On prendra au final 4 bus différents, on s'arrêtera dans des petites villes dont on ne comprend pas le nom en courant d'un bus à l'autre. Rien n'est affiché, on suit les gens. Dans un bus, le chauffeur ne freine pas sur les dos d'âne, je décolle d'au moins 10 cm à chaque fois et atterit sur ma voisine que ça ne fait pas rire du tout... On fait des trajets debout, de nuit, on mettra environ 5 heures pour arriver au Bus Stand de Pondichéry.

Rickshaw. On se couche épuisés mais ravis...

?

?

J'ai du retard à rattraper pour vous conter mes aventures indiennes mais il est tard, je vais me coucher et vous raconte les jours écoulés depuis ce WE dans le Tamil Nadu le plus vite possible !

?

?

Encore merci Jaja pour le nouveau colis bien arrivé !!

?

?

Des bisous pour les anniversaires de Sarah, Paul et Auguste, les petits natifs de la fin août et qui ont trois ans cette année!

?

Et des bisous aussi aux autres

 


commentaires {3} - Ajouter un commentaire
Publié à 19:34, le 25/08/2009,
Mots clefs :

Page précédente Page suivante


Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Album photos
Archives
Mes amis

Où suis-je actuellement ?




Derniers articles
- **Petit appel à dons**
- J 96 * WE à la FERME *
- HOLIDAYS between KERALA, KARNAKATA and TAMIL NADU
- J 91
- J 70



Rubriques

Mes amis
- doro